Espace Che Guevara le 26 juillet 2007

Une interprétation du guévarisme

par Sergio

 

Utopisme peut-être ; idées humanistes d’avant-garde certainement.

 

« Tout individu qui tremble d’indignation chaque fois qu’il se commet une injustice dans le monde peut se prétendre guevariste » mais cela ne suffit pas.

 

Le guévarisme vient du nom du célèbre guérillero cubano/argentin Ernesto Guévara de la Serna « dit le CHE » assassiné par l’armée bolivienne à la botte du capitalisme, alors qu’il était prisonnier. Il avait 39 ans. Sa photo est immortalisée par Alberto Korda photographe officiel de la révolution cubaine. Effigie devenue un symbole incontournable révolutionnaire dans le monde entier. Des dizaines de milliers d’écrivains, de poètes et d’artistes lui rendent hommage. Homme le plus complet de son époque disait Jean Paul Sartre. Des hommes d’Etat, se réfèrent au CHE, tel que Fidel Castro, Evo Moralès, Hugo Chavez, … et aussi les guérillas avec leurs spécificités, les Farc-ep en Colombie, les Zapatistes au Mexique (Marcos) , …

Par ailleurs, des commémorations de son meurtre, des colloques et des manifestations à son égard ont lieu un peu partout, des recueillements à Cuba et en Bolivie, on porte des tee-shirts à son effigie, etc… mais cela se fait le plus souvent et malheureusement sans réelle volonté révolutionnaire anticapitaliste. On parle le plus souvent de son combat au passé, c'est-à-dire, dans l’hypocrisie on l’assassine encore.

 

Le guévarisme est d’abord un état d’esprit humaniste qui s’inscrit dans l’idéologie marxiste, mais aussi maintenant, dans la théologie (chrétienne) de la libération, athées et croyants unis pour un même combat. Philosophie jamais réfutée et véritablement antagonique au libéralisme capitaliste. Mais le particularisme du guévarisme, c’est de démontrer qu’il est tout à fait possible pour l’homme lui-même de créer un homme nouveau : un homme délivré de son égoïsme. Pour cela, il y a lieu de s’affranchir du capitalisme qui attise cet égoïsme.

 

Les guévaristes dans un cadre internationaliste aspirent au renversement du capitalisme par les classes opprimées et exploitées par le pouvoir capitaliste pour instaurer une société concrète d’égalité et de justice sociales par la collectivisation de tous les moyens économiques, cela par logique humaniste, puisque l’homme moderne est un être social qui est conçu pour vivre en collectivité. L’homme le plus riche du monde n’a pu le devenir que grâce à la collectivité. Penseurs d’avant-garde et non pas individus rétrogrades comme le prétend la bourgeoisie (classe exploiteuse) et les ignorants, les guévaristes sont persuadés que c’est le principe de l’égalité sociale qui doit être l’aboutissement de l’humanité et non pas celui du capitalisme qui entraîne le monde dans son inverse. Ils combattent pour la suppression véritable des classes sociales, ce qui ne veut pas dire la standardisation des individus.   

 

Les guévaristes affirment que la politique réformiste ne peut vaincre véritablement et durablement le capitalisme, mais pensent que ce sont les classes exploitées qui veulent s’émanciper qui doivent en venir à bout elles-mêmes et par la révolution. Révolution que les guevaristes veulent pacifiste. Mais les adeptes du capitalisme contestent la réalité des classes sociales et énoncent qu’à chaque fois qu’il y a révolution de lutte de classes, cela entraîne des effusions de sang, ce qui justifie, à leurs yeux, que la classe ouvrière reste à tout jamais dans leur système d’exploitation, d’injustice et d’inégalité sociales.  La réalité, c’est qu’à chaque tentative révolutionnaire des classes exploitées, la violence provient de la réaction de la bourgeoisie qui ne veut perdre aucun de ses privilèges, particulièrement, ceux de s’enrichir avec le travail des autres et de détenir tous les moyens économiques. La bourgeoisie de tous les pays empêche de toutes ses forces l’émergence de sociétés égalitaires : par l’impérialisme et le colonialisme d’Etat ; guerres extrêmement atroces et meurtrières, voir le Vietnam et la Corée du nord, deux pays détruit à 95 % ; blocus pour affamer les populations, voir Cuba ; mise en place de dictateur, voir Pinochet au Chili ; assassinats supranationaux, voir 600 tentatives contre Fidel Castro, (archives de la CIA) ; coup d’Etat, voir la séquestration du président Hugo Chavez ; déstabilisation et guerre froide et fasciste contre la construction du socialisme dans les pays de l’EST ; extermination des communards de Paris en 1871. La liste est très loin d’être exhaustive. La lutte armée révolutionnaire prônée par les guevaristes est donc bien légitime puisqu’elle est une conséquence et une réponse à la violence capitaliste.

Les guevaristes appuient ainsi le peuple qui s’insurge, mais ils ne se substituent pas à lui. Il est vain de vouloir faire la révolution à quelques uns et contre la volonté populaire ou si elle n’y est pas préparée. De même, les révoltes et les émeutes si légitimes soient-elles ne sont pas efficaces dès lors qu’elles n’ont pas de caractère révolutionnaire. Les guevaristes s’efforcent de diffuser leurs idées, d’inciter et de constituer des foyers révolutionnaires urbains et ruraux, qui s’activent en révolution déclarée et qui se transforment en armée du peuple, mais ils proscrivent totalement le terrorisme comme moyen de lutte. Dans le combat armé, si les guevaristes sont capables de donner leur vie pour la révolution, ils proscrivent totalement toute action qui pourrait mettre en danger la vie d’innocents. Ils luttent pour la vie, pas pour la mort. Différence éthique fondamentale par rapport aux génocides capitalo/religieux (un exemple : l’Irak)

 

Peut-être que les révolutions futures dans les pays  « riches » ne se feront pas à cause de la faim, mais par une prise de conscience culturelle de leur peuple. S’enrichir collectivement et intelligemment et proportionnellement à l'enrichissement moral, pour aller ainsi vers la concrétisation de cet "homme nouveau"  vu par le CHE.  

 

Il est vrai que, si la révolution conduit uniquement les êtres humains à posséder des voitures et à manger de la viande au-delà de leurs besoins, alors il suffit de laisser faire le capitalisme.

Les guévariste sont des utopistes qui reprennent la citation du CHE : « Soyons réalistes, exigeons l’impossible »

 

Combien sommes-nous ? Combien serons-nous demain ?