Che Textes
     

ESPACE CHE GUEVARA

30 rue Edouard Dupray

76210 BOLBEC

FRANCE 

     

                 

Exigeons-nous ce qui paraît impossible : - la suppression du capitalisme - à partir de l'âge de 16 ans et pour tous, une formation professionnelle de base et continue, un travail utile, un salaire unique et égal -

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ERNESTO CHE GUEVARA

 Rêver, lutter et conquérir :

« soyons réalistes,exigeons l’impossible »

 ESPACE CHE GUEVARA

Liste de Textes sur CHE Guevara :

 

 

9 octobre 1967 le héros devient un mythe
 

Dossier réalisé par Valérie Oddos <mailto: a.brigaudeau@france2.fr>

9 octobre 1967: le héros devient un mythe... 8 octobre 1967 : Ernesto Guevara, dit « le Che », blessé, est capturé par des soldats boliviens dans la gorge du Yuro, au fin fond des montagnes boliviennes, et emmené au village de La Higuera, à quelques kilomètres de là. Le lendemain, 9 octobre, il est exécuté sur ordre du président bolivien dans la petite école de La Higuera où on l’a enfermé. La dernière photo du guérillero argentin vivant montre un prisonnier hirsute, débraillé, les yeux baissés. Contraste saisissant: son corps transporté à la ville voisine de Vallegrande est exposé à l’hôpital : les yeux grands ouverts, presque souriant, le Che photographié par les journalistes paraît vivant. On l’a comparé à un saint ou même au Christ.  Che Guevara, déjà héros de son vivant, devient un mythe. L’éditeur italien Feltrinelli sort de ses tiroirs un cliché que lui avait offert le photographe cubain Korda. Il en fait une affiche : les yeux de braise sous un béret étoilé, les cheveux au vent, fait le tour du monde. Le nom de Guevara est scandé sur les barricades de mai à Paris. Il est chanté dans toute l’Amérique du Sud. Le Che est un symbole pour toute une génération, en Amérique Latine et dans le monde entier.  Dans les années 80, l’idole est oubliée, les affiches sont décrochées des murs : l’époque n’est plus aux grands idéaux révolutionnaires.  1995 : un ancien officier bolivien affirme que le Che a été enterré près de la piste de l’aéroport de Vallegrande. L’armée bolivienne n’avait jamais voulu révéler le lieu de sépulture du guérillero. Enterré, incinéré? Toutes les hypothèses ont circulé mais le mystère subsiste depuis 18 ans. Des recherches sont entreprises, puis interrompues, faute de résultat.  A la même époque, un certain intérêt pour le Che semble renaître. Plusieurs biographies paraissent, des projets de superproductions cinématographiques sont en cours...  Juillet 1997 : des ossements déterrés à Vallegrande sont formellement identifiés comme étant ceux du Che. La découverte de sa dépouille tombe à pic, l’année du 30e anniversaire de sa mort. Les ossements sont solennellement transférés à Cuba, où 1997 a été décrétée « année du guérillero héroïque » et où des célébrations grandioses sont prévues.  En Bolivie, le ministère du tourisme a monté dans le sud-est du pays une sorte de « Guevaratour » qui propose aux touristes de suivre les traces de la dernière guérilla du Che.  Chez nous aussi, le Che est partout : les T-shirts à son effigie refleurissent, de nombreux livres sont édités, un disque rassemblant les chansons à sa gloire est vendu à des milliers d’exemplaires, un clip de la fameuse chanson de Carlos Puebla, à la sauce années 90, passe sur les télés, deux documentaires sont sur les écrans... Le Che est-il devenu, ironie de l’histoire, un produit comme les autres ? Ou l’époque, orpheline de valeurs morales et d’idéaux politiques, a-t-elle besoin de se souvenir d’un homme qui a vécu pour ses idées, sans se compromettre jamais, jusqu'à mourir pour elles, quasiment seul, dans un ravin perdu de Bolivie ? 

Les années de formation Ernesto Guevara est né dans une famille aisée: ses deux parents sont issus de la vieille bourgeoisie argentine. Son père a abandonné des études d'architecture pour se lancer dans diverses entreprises commerciales malheureuses. Les parents Guevara sont plutôt libéraux. Ernesto a 8 ans quand éclate la guerre d’Espagne, qui passionne les Argentins : chez les Guevara, on soutient les Républicains. Et Guevara père participe à la lutte contre l'installation d'ex-nazis en Argentine.  A Altagracia, ou Ernesto passe son enfance et son adolescence, les parents Guevara fréquentent des gens de leur milieu. Mais leurs enfants, eux, ont toujours joué avec les enfants du quartier, de milieu modeste. L'asthme joue un rôle déterminant dans la formation du caractère volontaire d'Ernesto. Il est souvent pris de crises violentes qui l'immobilisent. Il en profite pour lire et dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Enfant, il lit plutôt des histoires de voyages, des romans d'aventures. Adolescent, il lira de la poésie, des ouvrages de philosophie ou de psychanalyse.   Quand il respire, il tient à courir, nager comme les autres, mieux que les autres, même. Il a une volonté de fer et se bat constamment contre la maladie. Il pratique tous les sports, nobles et plus populaires: natation, tennis, golf, foot, rugby...  Guevara est un adolescent non conformiste, élevé dans un milieu ouvert. Il s'intéresse à tout mais n'est pas véritablement politisé.  Après ses études secondaires, il s'inscrit à la faculté de médecine de Buenos Aires. Il lit toujours beaucoup (Lénine, Marx, Socrate, Platon, de la poésie...), continue à jouer au rugby, trouve de petits boulots pour gagner un peu d'argent.  A 21 ans, Ernesto fait son premier voyage, seul, sur un vélo auquel il a ajouté un moteur. Il parcourt ainsi plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Argentine profonde.  Mais c'est son deuxième voyage, un an plus tard, avec son ami Alberto, qui provoque chez lui une véritable prise de conscience sociale. Le périple des deux jeunes garçons, partis sur une moto pour remonter la cordillère des Andes, est une véritable aventure qui lui fait découvrir les réalités du continent sud-américain. Ernesto est frappé par l'exploitation des mineurs chiliens, par le racisme que subissent les Indiens du Pérou, par la violence policière en Colombie et par les inégalités à Caracas. Il revient persuadé qu'il fera la Révolution et surtout impatient de repartir en voyage.  Guevara reste à Buenos Aires le temps d'obtenir son diplôme de médecin, et reprend la route. De nouveau, il remonte le continent, pour rejoindre Alberto, resté travailler au Venezuela. Finalement c'est au Guatemala qu'il s'arrête. Il règne à Guatemala Ciudad un climat de liberté exceptionnel et le régime de centre gauche du président Jacobo Arbenz, élu en 1951, accueille de nombreux réfugiés latino-américains. Guevara y rencontre Hilda Gadea, une réfugiée péruvienne qui sera sa première femme et la mère de sa première fille. Les échanges intellectuels entre Ernesto et Hilda sont intenses: ils lisent beaucoup tous les deux, discutent de leurs lectures et rêvent de partir pour la Chine. Guevara se lie aux milieux communistes du continent. En 1954, il vit en direct le coup d'Etat des mercenaires de Castillo Armas, téléguidés par les Américains dont les intérêts au Guatemala sont menacés par la réforme agraire d'Arbenz.  Ernesto décide alors d'aller à Mexico où Hilda le rejoint. Il a du mal à trouver du travail: il gagne un peu d'argent en photographiant les gens dans les jardins publics et en donnant quelques consultations à l'hôpital... et rêve toujours de parcourir le monde, l'Europe, l'Asie.  Il retrouve à Mexico les Cubains qui ont participé à l'attaque ratée de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba le 26 juillet 1953 et qu'il a connus au Guatemala. C'est à cette époque qu'il devient le "Che". Ses amis, amusés par les "Che" qui ponctuent ses phrases, le surnomment ainsi. "Che" est une interjection que les Argentins utilisent pour attirer l'attention. Ernesto se lie avec un jeune communiste cubain, Raul Castro. Fidel, le frère de Raul, leader de l'attaque de la Moncada, est libéré de prison et débarque à Mexico en juillet 1955. La première rencontre entre Fidel et le Che dure toute une nuit et scelle le destin du Che. Les deux hommes partagent le même rêve : libérer leurs pays de l'impérialisme nord-américain. Fidel fait part au Che de son projet de débarquement à Cuba avec un groupe de combattants, pour renverser le régime de Batista. Guevara est fasciné par la forte personnalité de Fidel. Celui-ci est séduit par l'intelligence du jeune Argentin. Sceptique au départ, le Che accepte de participer à la folle expédition, comme médecin.  La petite troupe s'entraîne au Mexique. Fidel Castro achète un yacht de 12 m, le "Granma", et prévoit de partir avant la fin de l'année 1956.  Le 25 novembre, 82 hommes embarquent sur le bateau, conçu pour en transporter 25. La traversée est terrible: la tempête secoue le "Granma", les vivres sont insuffisants. Les guérilleros de Fidel finissent par s'échouer le 2 décembre 1956, deux jours plus tard que prévu, dans un marécage de l'Est de Cuba, à quelques kilomètres de l'endroit prévu. Le Che entame alors sa carrière de guérillero

 

L'homme public

Quand les hommes de Fidel Castro entrent à la Havane, début janvier 1959, au terme de deux années de guérilla, le jeune médecin argentin est devenu un commandant de l'armée de libération respecté et admiré par ses compagnons pour sa bravoure, sa droiture et son égalitarisme sans faille. La Révolution commence. Fidel veut lui confier des responsabilités. Problème: il est argentin. Qu'à cela ne tienne, le commandant en chef décrète "Cubains de naissance" les commandants étrangers de la guérilla. Il commence par lui faire faire une tournée internationale pour présenter la jeune révolution cubaine, le nomme directeur du département industriel de l'INRA (Institut national de la réforme agraire), puis président de la Banque nationale de Cuba. Le Che n'est pas un spécialiste de l'économie, mais il se met au travail. Et c'est un travailleur infatigable. Il étudie les mathématiques et l'économie. Ses journées de travail « officiel » se terminent vers minuit. Après, il lit, écrit ou reçoit des visiteurs, surpris de le trouver dans son bureau en treillis vert olive, le pistolet à la ceinture. Il ne se laisse pas une seconde de loisir sauf, de temps en temps, une partie d'échecs. Le dimanche, machette à la main, il coupe la canne à sucre, ou bien il travaille sur les chantiers, à la construction d'écoles ou de logements sociaux. Et il trouve encore le temps de faire des conférences, de participer à des réunions.  Le Che est un homme dur: dur avec les autres mais aussi avec lui-même. Il refuse de se voir accorder le moindre privilège. Le président de la Banque nationale se fiche tellement de l'argent qu'il n'a jamais un sou en poche. Il ne veut pas cumuler les salaires et vit de sa seule solde de militaire.  En février 1961, Fidel Castro crée un ministère de l'Industrie et nomme le Che à sa tête.  Le Che exerce ces fonctions officielles dans un pays de plus en plus dépendant de l’Union Soviétique. Le ton se durcit avec les Etats-Unis. En 1960, un conflit éclate avec les compagnies pétrolières implantées à Cuba, et Washington refuse de continuer à acheter le sucre cubain, ressource essentielle de l’île. En août, Castro décide de nationaliser les grands domaines sucriers, les raffineries de pétrole et les compagnies d’électricité et de téléphone. Les trois quarts des biens américains à Cuba sont ainsi nationalisés. En octobre, Washington décrète un embargo sur les exportations américaines (sauf médicaments et produits alimentaires). L’hôtel Hilton de la Havane est rebaptisé "Habana Libre". Après le débarquement raté de mercenaires cubains armés par les Américains dans la baie des Cochons, au sud de Cuba, Washington décrète un embargo total contre l’île. Les salaires ont augmenté à Cuba mais il n’y a plus rien à consommer et les réserves de change ont fondu. Cuba doit trouver du pétrole, des débouchés pour son sucre, et produire rapidement des biens de consommation. La jeune révolution se tourne vers l’Union Soviétique qui lui achète son sucre à un prix avantageux. Les pays d’Europe de l’Est fournissent des usines et du matériel, Cuba est de plus en plus dépendant.  Ses années à la tête de l’industrie cubaine ont certainement passionné le Che. Ce sont des années d’intenses débats : comment développer le pays, arriver à organiser la production pour produire ce qu’on devait importer, libérer l’île de la monoproduction sucrière qui la rend dépendante, ou au contraire s’appuyer sur cette production pour se diversifier ? A partir de 1963, un débat divise les dirigeants cubains. Certains, alignés sur l’URSS, sont favorables à une certaine autonomie de gestion pour les entreprises, qui doit stimuler la concurrence. Ils pensent que ce sont les stimulants matériels (primes, augmentations de salaires) qui permettront d’augmenter la production. Pour le Che, au contraire, il faut centraliser la gestion de l’économie et avoir recours aux stimulants moraux. La Révolution doit produire un « homme nouveau », pour qui « le travail cesse d’être une nécessité pénible pour devenir un impératif agréable ». Le Che a une vision morale de la Révolution : grâce à l’éducation, à la formation et à la volonté humaine, on doit atteindre un niveau de conscience qui dégage l’homme de l’intérêt mercantile. Pour lui, la loi de la valeur n’a pas cours dans une société socialiste : « Vaincre le capitalisme avec ses propres fétiches auxquels on aurait retiré leur vertu magique la plus efficace, le profit, me paraît une entreprise difficile.»  La concurrence qu’il refuse entre les entreprises de Cuba, il la refuse aussi à l'échelle mondiale, entre pays socialistes, qui doivent s’entraider de façon désintéressée. Le Che n’est pas un homme de pouvoir ni de compromis : il n’est pas prêt à renier ses idées pour garder des fonctions officielles. Ses années cubaines sont une pause. Son objectif est de libérer tout le continent sud-américain, et en particulier son pays, l’Argentine. Il s’est donné quelques années pour aider la révolution cubaine, mais a toujours prévu de repartir sur les sentiers de la guérilla.  Le 24 février 1965, il exprime publiquement ses divergences avec Moscou : dans le fameux « discours d’Alger », il estime que « les pays socialistes sont, dans une certaine mesure, les complices de l’exploitation impérialiste » et demande que les armes soient livrées gratuitement aux pays pauvres.  Au moment où il prononce ce discours, le Che a sans doute déjà renoncé à toute fonction officielle et projette de participer à une nouvelle guerre de libération : avant de rentrer à Cuba, il rencontre Nasser au Caire et lui fait part d’un projet d’aide aux rebelles congolais.  Le 14 mars 1965, Fidel Castro attend le Che à l’aéroport de la Havane. Les deux hommes se seraient entretenus pendant près de 40 heures. Rien n’a filtré de leurs discussions. Colère de Castro après le discours d’Alger qui l’embarrasse vis-à-vis de Moscou ? Dispute entre les deux hommes ? Une chose est sûre : Castro, lui, est un homme de pouvoir, il a besoin du soutien soviétique et ne peut garder dans son gouvernement un homme qui s’oppose au grand frère. Le Che, lui, brûle de repartir au combat. Entretien houleux ne signifie pas rupture. Castro va appuyer le projet du Che. Mais celui-ci n’apparaîtra plus en public, sauf pour prendre congé de ses collaborateurs du ministère. Sa carrière officielle est terminée,

la vie clandestine commence. 

 

Les trois guerres du Che

  Le Che a participé à trois guerres : une guerre victorieuse, celle de la Sierra Maestra, deux autres désastreuses, au Congo et en Bolivie.  A Cuba, la victoire des troupes de Castro peut paraître miraculeuse. Il a démarré avec une poignée d’hommes, perdus dans un marécage et dispersés par un bombardement, pour entrer deux ans plus tard dans La Havane, à la tête d’une véritable armée. Les guérilleros ont su se gagner le soutien des paysans de la Sierra, d’abord méfiants, grâce à leur comportement. Contrairement à leurs ennemis, ils ne pillent jamais et paient les marchandises qu’ils prennent. A mesure que leur contrôle sur les montagnes s’étend, ils organisent des cours et des soins médicaux pour les paysans. Même au combat, ils se distinguent en évitant les violences inutiles et en soignant leurs prisonniers blessés.  Le Che est entré en guérilla comme médecin. Il devient rapidement un combattant à part entière, avant de devenir « comandante ». Il aime se battre, n’a pas peur du danger, et supporte avec courage le quotidien difficile du guérillero, malgré de fréquentes et violentes crises d’asthme.  A partir de l’expérience cubaine, le Che écrit en 1961 un ouvrage théorique, « La guerre de guérilla », qui inspirera toute une génération de révolutionnaires sud-américains. Le principal enseignement qu’il tire de ce conflit est que « les forces populaires peuvent gagner une guerre contre une armée » et qu’« il ne faut pas toujours attendre que toutes les conditions soient réunies pour faire la révolution : le noyau insurrectionnel peut les créer ». Il estime toutefois que plusieurs éléments sont essentiels à la réussite de la guérilla : avoir une « connaissance parfaite du terrain. Connaître la population de la région, avoir son appui total pour le ravitaillement, le transport, l’hébergement ». «L’organisation militaire repose sur un chef », « le guérilléro doit être de préference un habitant de la région » et « il faut recourir à la guerre de guérilla quand on a l’appui de la population. »  Dans le cas de Cuba, ces conditions sont réunies : Castro a lancé sa guérilla dans un pays relativement politisé. Au-delà de la conquête des paysans de la région, il a toujours bénéficié d’un large appui urbain. Dans les villes, des organisations structurées fournissent une importante aide logistique et des hommes. La révolution cubaine a chanté la gloire de la guérilla des montagnes. Une célébration qui a sans doute jeté de l'ombre sur le rôle essentiel des villes dans la victoire.  Quand le Che abandonne ses fonctions officielles à Cuba en 1965, il est pressé de repartir au combat. Son rêve est de libérer l’Amérique Latine. Mais les conditions ne sont pas réunies. Depuis quelque temps déjà, il veut étendre la lutte anti-impérialiste au monde entier, créer d’autres « Vietnam ». Castro a prévu d’envoyer des soldats appuyer et former les rebelles congolais, en guerre contre le gouvernement de Tschombé installé par les mercenaires belges. Le Che a voyagé trois mois en Afrique et rencontré les leaders congolais Soumaliot et Kabila à Dar-es-Salaam. Il demande tout naturellement à Castro de diriger le détachement cubain et part, clandestinement, avec un premier petit groupe en avril 1965.  Le Che pense que le Congo est le terrain le plus favorable pour développer une guerre qui devra par la suite gagner tout le continent africain. Il part pourtant sans connaître les conditions sur le terrain. Il n’a rencontré que brièvement les leaders congolais et a bien pressenti les problèmes qui l’attendent. Mais il est pressé. Sur place, la situation est plus difficile que prévu : il n'y a pas de commandement unifié, les chefs ne sont jamais là et passent leur vie à l’étranger. Les soldats, peu motivés, ne veulent pas se battre. Le manque de discipline et d’organisation est général. Le Che est frustré : il n’arrive pas à obtenir des leaders congolais l’autorisation de se battre. Pendant des semaines, il attend Kabila. Quand celui-ci arrive, il refuse toujours de l’envoyer au front et disparaît brusquement, au bout de cinq jours. En octobre, la contre-offensive des mercenaires menace les rebelles. Les soldats cubains se demandent ce qu’ils font là. Début novembre, aux problèmes matériels et militaires s’ajoute un problème politique. Après un débat à l’OUA, le président tanzanien Julius Nyerere demande aux Cubains de se retirer. Le Che veut rester et Castro lui laisse le choix de sa décision. Mais ses soldats n’en peuvent plus. Il retraverse le lac Tanganyika et abandonne le Congo.  Quand il sort de ce bourbier, le Che est acculé à la clandestinité : pendant qu’il était au Congo, Castro a rendu publique la lettre qu’il lui avait laissée, dans laquelle il prend congé du peuple cubain et renonce à sa nationalité cubaine. Guevara ne veut pas revenir à Cuba. Il passe quelques mois à Dar-es-Salaam, puis à Prague, totalement incognito. Pendant ces semaines de repos forcé, il conçoit le projet d’une guérilla en Bolivie. Avantage de la Bolivie : elle est située au centre de l’Amérique du Sud et frontalière avec l’Argentine. Elle servirait de base arrière à d’autres guérillas. Contrairement au Congo, la Bolivie n’est pas un projet de Castro mais du Che. Castro accepte de lui fournir une vingtaine d’hommes, des meilleurs, le Che repasse trois mois par Cuba, et reprend l’avion en octobre 1966 : cette fois encore, il est pressé.  Précipitation, malheureux concours de circonstances ? La Bolivie, ou du moins la région choisie, est loin de présenter les conditions énoncées par le Che dans sa « Guerre de guérilla ». Les conditions politiques ne sont pas favorables : Mario Monje, le dirigeant du Parti communiste bolivien qui devait soutenir le projet, se rétracte car Moscou ne voit pas d’un bon œil cette guérilla qui perturbe l’équilibre des forces avec les Etats-Unis. La région choisie, à la hâte, pour lancer les opérations est isolée, peu peuplée. Les quelques paysans qu’ils rencontrent sont plutôt effrayés par cette troupe d’étrangers débraillés et armés jusqu’aux dents et les dénoncent à l’armée. Le Che ne trouvera jamais de soutien dans la région. Les guérilleros ne connaissent pas le terrain : le Che et ses hommes s’épuisent en d’interminables reconnaissances, dans un terrain difficile, souffrant de faim et de maladies. Même les Boliviens engagés dans la troupe ne sont pas de la région. Leur recrutement s’est fait précipitamment : plusieurs d’entre eux désertent et les dénoncent à l’armée. Les combats avec les soldats, entraînés par les Américains, commencent plus tôt que prévu alors que les hommes ne sont pas prêts. La petite troupe se scinde en deux groupes qui ne parviennent jamais à se retrouver. De plus, les contacts avec Cuba sont coupés : l’émetteur radio ne marche plus. Certains soutiennent que Castro a abandonné le Che. Dans une biographie qui vient de paraître, l’historien mexicain Jorge Castaneda affirme que Moscou a obligé le « lider maximo » à lâcher son ancien compagnon d’armes. On peut aussi se demander ce que le Che est allé faire dans cette galère. Dans son impatience, a-t-il manqué de lucidité ou, comme certains l'avancent, est-il parti en Bolivie pour mourir? Toujours est-il que, le 8 octobre 1967, c'est un homme traqué, à la tête de 16 hommes affaiblis et affamés, qui tombe dans la dernière embuscade de l'armée bolivienne. La vie du Che en quelques dates 14 juin 1928: naissance d'Ernesto Guevara de la Serna à Rosario, Argentine  mai 1930: le petit Ernesto prend froid : première crise d'asthme  1933: la famille Guevara s'installe à Alta Gracia, à 700 kilomètres de Buenos Aires, où le climat est meilleur pour la santé d'Ernesto. Il y reste 14 ans  1947: Ernesto s'inscrit à la faculté de médecine de Buenos Aires  1950: premier grand voyage d'Ernesto. Il monte un petit moteur sur son vélo et part rejoindre son ami Alberto Granado qui travaille dans une léproserie, au nord de l'Argentine. Il parcourt plus de 4000 kilomètres à travers le pays profond.  début 1952: voyage déterminant dans la formation d'Ernesto. Il parcourt les Andes à moto avec Alberto, de la Patagonie au Vénézuela, en passant par le Chili et la Colombie.  juin 1953: Ernesto reçoit son diplôme de médecin  juillet 1953: nouveau départ : Ernesto traverse l'Argentine, la Bolivie, le Pérou, l'Equateur  fin 1953: il s'arrête au Guatemala, où il rencontre Hilda Gadea, qui sera sa première femme, et de nombreux réfugiés latino-américains  septembre 1954: après le coup d'Etat de Castillo Armas au Guatemala, Ernesto s'installe à Mexico   juillet 1955: rencontre décisive avec Fidel Castro. Ernesto accepte de participer au débarquement à Cuba  26 novembre 1956: le "Granma", surchargé, quitte les côtes mexicaines  2 décembre 1956: débarquement catastrophe sur la côte sud-est de Cuba, début de la guérilla de la Sierra Maestra  21 juillet 1957: le Che est nommé "commandant" de la guerilla par Fidel Castro  août 1958: le Che conduit une colonne de 145 hommes vers la province de Las Villas, traversant 600 kilomètres en terrain découvert et ennemi, puis il organise la guerilla dans la Sierra de l'Escambray   1er janvier 1959: après cinq jours de combats acharnés, le Che prend la ville de Santa Clara, dernier verrou avant la victoire totale sur les forces de Batista. La bataille de Santa Clara fait du Che un héros aux yeux des Cubains  2 janvier 1959: les colonnes du Che et de Camilo Cienfuegos marchent sur La Havane, la révolution cubaine commence  9 février 1959: Fidel Castro proclame Ernesto Guevara "citoyen cubain de naissance"   2 juin 1959: le Che épouse Aleida March, qu'il a rencontrée dans l'Escambray et avec qui il aura quatre enfants  12 juin 1959: Castro envoie le Che en mission d'ambassadeur de la jeune révolution cubaine auprès de régimes susceptibles de l'aider. Un voyage de trois mois le mène en Egypte, en Inde, au Japon, en Indonésie, à Ceylan, au Pakistan, en Yougoslavie, au Maroc. Il rencontre Nasser, Nehru, Tito  octobre 1959: le Che est nommé directeur du département industriel de l'INRA (Institut national de la réforme agraire)  26 octobre 1959: disparition de Camilo Cienfuegos  novembre 1959: Castro nomme le Che président de la Banque nationale de Cuba  octobre 1960: le Che effectue une tournée de deux mois dans les pays socialistes (Tchécoslovaquie, URSS, Chine, Corée du Nord, RDA)  21 février 1961: il est nommé ministre de l'Industrie  17 avril 1961: débarquement raté de mercenaires cubains armés par les Américains dans la baie des Cochons, playa Giron  25 avril 1961: les Etats-Unis décrètent l'embargo total sur Cuba  5 août 1961: le Che représente Cuba à une réunion des ministres de l'économie de l'Organisation des Etats Américains à Punta del Este (Uruguay)  fin août 1962: le Che se rend en URSS pour préparer l'installation de missiles à Cuba  15 octobre 1962: la crise des fusées éclate entre Washington et Moscou  17 mars 1964: le Che représente Cuba à la première conférence de la CNUCED à Genève  décembre 1964: à la 19e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le Che prononce un discours enflammé, déclarant la guerre à l'impérialisme  début 1965: le Che voyage pendant trois mois. Il se rend à Alger et effectue une tournée dans cinq pays africains, plus ou moins en rupture avec l'Occident (Mali, Congo-Brazzaville, Guinée, Ghana, Dahomey). Il se rend en Chine, puis en Tanzanie où il s'entretient avec le président Julius Nyerere et rencontre les leaders rebelles congolais Gaston Soumaliot et Laurent-Désiré Kabila.  24 février 1965: fameux "discours d'Alger", dans lequel le Che accuse les pays socialistes de se rendre complices de l'exploitation impérialiste, puis passe par le Caire où il s'entretient avec Nasser  14 mars 1965: dernière apparition publique du Che, à la Havane. Fidel Castro l'accueille à l'aéroport. Les deux hommes s'entretiennent pendant deux jours d'affilée  22 mars 1965: le Che prend congé de ses collaborateurs du ministère de l'Industrie  début avril 1965: il quitte La Havane pour le Congo, avec un détachement de combattants cubains. Avant de partir, il a rédigé trois lettres d'adieux: une à ses parents, une à ses enfants et une au peuple cubain. Il passe par Dar-es-Salaam, puis traverse le lac Tanganyika et entre au Congo où il va passer sept mois désastreux  3 octobre 1965: le monde entier se demande où est passé le Che. Fidel Castro rend publique sa lettre d'adieux aux Cubains  novembre 1965: le président tanzanien Julius Nyerere demande aux Cubains de se retirer du Congo, le Che revient à Dar-es-Salaam, où il passe quelques semaines, puis se rend à Prague  juillet 1966: le Che rentre à La Havane où il reste clandestin et prépare la guerilla de Bolivie, dans une ferme de Pinar del Rio  23 octobre 1966: rasé et grimé, le Che part pour la Bolivie, sous le nom de "Ramon"  8 octobre 1967 : le Che est blessé, capturé par les rangers boliviens et emprisonné dans la petite école du village de La Higuera  9 octobre 1967 : Ernesto Guevara est exécuté à La Higuera, sur ordre du gouvernement bolivien    DUGOWSON   

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 Tous nos remerciements au réalisateur du film, Maurice Dugowson, et aux producteurs Fabienne Servan Schreiber et Angel Amigo pour cette bande-annonce. Reproduction interdite (copyright CINETEVE - IGELDO - 1997). (Pour visualiser le Real Video: assurez-vous que votre fournisseur d'accès à Internet autorise la diffusion de la vidéo. En téléchargeant le lecteur, vous arrivez sur le site www.real.com, choisissez Real Player, puis à nouveau Real Player, remplir le formulaire et cliquez "download now". Bien noter le nom du fichier .exe et le répertoire dans lequel il va être téléchargé. Une fois cette opération réalisée, retrouver ce fichier sur votre disque dur et le lancer en le "double-cliquant" (utilisez Explorateur pour Windows 95, Gestionnaire de fichiers pour Windows 3.X). Suivre après les instructions, une à une. Le lecteur s'activera dès que vous ferez appel à un fichier RealVideo ou RealAudio) téléchargez le lecteur  <http://www.real.com/> <http://www.real.com/>   Fiche technique du film « El Che, enquête sur un homme de légende » France - 1997 - 1h36 - 35 mm- Couleur/ Noir et Blanc- 1,66 Un film de Maurice Dugowson d'après l'ouvrage de Pierre Kalfon "Che - Ernesto Guevara une légende du siècle" paru aux Editions du Seuil Une production CINETEV, IGELDO KOMUNIKAZIOA, Avec la participation de Canal +, le soutien d'Eurimages, du CNC, de la RAI  Producteurs: Fabienne Servan-Schreiber, Angel Amigo Réalisation: Maurice Dugowson Scénario et commentaire: Maurice Dugowson, Pierre Kalfon Interviews: Jean-Pierre Clerc, Janette Habel, Pierre Kalfon Consultant: Patrick Rotman Commentaire dit par: Jean-Claude Dauphin Chef monteur: Joseph Licide    Maurice Dugowson Maurice Dugowson   1.CINEMA  Lily AIME MOI (1975) F...COMME FAIRBANKS (1976) AU REVOIR...A LUNDI (1976) SARAH (1983) LA POUDRE AUX YEUX (1995)  2.TELEVISION  LA FEMME NUE d'Henry Bataille (1968) LES VESICULES DE LA FORTUNE de Romain Bouteille (1968) ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (1973) CONNAISSEZ-VOUS MARONNE (1984) de Daniel Boulanger  ADIEU LA VIE (1986) de Michel Martens CHANTONS EN COEUR (1987) de J.H.Chase PUZZLE (1989) de Patricia Highsmith ILS N'AVAIENT PAS RENDEZ-VOUS (1991)  3.REPORTAGES ET MAGAZINES (entre autres)   DROIT DE REPONSE (de Michel Polac, 1981-87) HISTOIRE D'UN JOUR (avec Philippe Alfonsi, 1984) LE POINT SUR LA TABLE avec Anne Sinclair (1991-1992) POLEMIQUES </polemiques/polemiq.htm> avec Michèle Cotta  4.REPORTAGES ET DOCUMENTAIRES (entre autres)   XXE SIECLE (de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, 1970), Le Brésil UNE PREMIERE (avec Philippe Alfonsi, 1971), La guerre Indo-Pakistanaise AUROVILLE avecJ-P Elkabbach (1973) JANE FONDA femme en colère (1970) TELEVISION: HISTOIRES SECRETES (1996) avec Marie-Eve Chamard et Philippe Kieffer  5.PRIX (dernières années)   1984 Prix de la Fondation de France de la meilleure émission documentaire, avec Philippe Alfonsi, pour Histoire d'un jour, le procès Pétain 1984 à 87 7 d'or Meilleur réalisateur pour Droit de réponse 1987 7 d'or Meilleur magazine documentaire avec Philippe Alfonsi pour Taxi 1991 Premier grand prix national de la création audiovisuelle 1997 7 d'or meilleur documentaire pour "Télévision, Histoires Secrètes"